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   Etoile au Coeur 

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Jacob Israel Mekoul

 

 

 

Mekoul: Des vies heureuses

Provenance Cameroun, Destination France

Mardeuil est un petit village de Champagne où j'ai vécu mon enfance. (Jérôme alias Jiby)

 

 

*Des vies heureuses* (J.I.Mekoul)

 

A Jérôme et à Mardeuil

Mardeuil! Mardeuil! Ma ville de repos!
Comme le jardin d’Eden laissant éclore
Ses pétales au soleil vert orangé des crépuscules
Sous tes arbres, je respire l’air de Liberté.Me voici à nouveau chez toi
Car j’ai marre des deuilsJe suis venu te donner tes présents :
Les masques Dogons, l’or du Katanga !La myrrhe de Batouri, les crabes de Gorée !
J’ai emmené avec moi mes engelvert mvengC’est des esprits positifs qui protègent la vieRegarde, j’ai aussi mes ferdinand oyonoC’est des grands récitals des contes de chez moi
Observe bien mes maurice kamto,
C’est des droits et des économies
Et puis j’ai là mes doux bakas
C’est des toupies terribles
Ils te feront tomber la nuit en plein jour
Et tu danseras la danse des fantômes
L’Adouyayé le Mangambeu le Makossa
Tu danseras la danse des esprits des morts
Réveillant les malades et les enfoirés
Je suis venu te tendre ma main
Pour qu’on fasse des choses ensembleInspire mes présents de ton souffle
Et de retour, ils puissent appliquer ta potion.
Vois-tu, ma robe est sale
Je ne sais pas où elle a bu ces tâches
Sûrement dans ma pauvreté
J’irai peut-être la laver à Sion.Je suis sale, Mardeuil ! Mais je veux être propre
Ô Jérôme, te rappelles-tu de nos lettres
Ces moments où on se découvrait
Ces moments où on s’écrivaitTu me parlais de Mardeuil ! De Pau ! De Nice !
Tu me disais que je m’adosserai sur la rochelleAfin de pêcher ma douce France
Tu me conduiras chez Saint-Nicolas
Nous ferons le tour des Tours et avec nos raclettes
Nous raclerons le sel des fleurs pour assaisonner
Les crustacés qui se discutent dans les rues de Marseille
Tu me disais qu’à Marseille , tu as ta familleTu me parlais de Zidane ! Je te parlais de Milla !
Je te parlais de mes frères qui logent dans les squatter !
Je te parlais de mes frères qui viennent en flots chez toi
Je te parlais de nos misères effroyables
Je te disais que chez nous, tout est obscur
Qu’à l’allure où vont les choses vaut mieuxSe donner à cœur joie à la gueule de la merEt toi tu ne disais rien ; tu souriais au mail.
Je te disais les dangers d’une jeunesse sans valeursJe te contais mes moments en salles de classes
Tonneau plein d’eau sale et propre ; sans filtreJe te racontais mes ambitions
Et tu me répondais en me disant que c’est possibleEt que les choses vont bientôt changer
Ah, Jérôme, quelle saison sèche !
Et prétendre que tu es mon ennemi !
Et prétendre que tes peuples sont sans amis !
Pourtant le vent souffle au Trocadero !
Pourtant l’air est frais à Saint-Germain-des-PrésTu me disais que Sartre et Camus s’y baladaientL’autre fois, je t’ai dit que je ferai politiqueQue j’essaierai d’apporter du nouveauEt tu me disais que ce truc est trop sale
Et qu’il faut assez d’argent pour s’y mettreEt qu’il faut assez de temps pour s’y mettreEt je te disais il n’y a pas d’alternativeQu’il faut franchir le Rubicon maintenantQu’à force d’attendre le messieLe peuple ne l’a plus connu quand il est venuEt tu me répondais : vas-y cher ami, je te soutiendrai.
Le vent s’est arrêté. L’orage ne souffle plus.L’orage de peur a suspendu ses airs. L’ère qui s’enrage n’aura pas de fers. Je te jure.Et Mardeuil me regardait ! elle me riait aux grands éclats 
Elle me riait le rire doux de Senghor à Verson
Elle me riait le rire doux de Gontran Damas
Elle me riait le rire doux de Césaire mon aimé
Elle me chuchotait en me disant de venir chez elle
Comme ces belles Eve venant dans mes centres culturels
Pour partager avec mes frères les rythmes afro-white
Faut bien venir te présenter à moi
Et je te connaîtrais au périmètre, me disait-elle
Et tu sais, tu sais Jérôme, elle m’a fait une confidence :Le jour où tu crées ton parti politique, fais gaffe !
On peut te cuire. Mais viens chez moi
Je te protégerai jusqu’à ce qu’Hérode meurt !Et j’ai dit à Mardeuil, de ne pas avoir peur.Comme je ne suis pas le messie, j’ai une chance.Comme j’ai un sang pauvre, nul n’est sûr de ma réussite.On croit rarement à la victoire de ceux qui n’ont aucune lignée !Pourtant, c’est de là que l’acharnement de victoire gît.Aujourd’hui et demain, mais qu’est-ce que je raconte là !Je te parle de mes projets ou bien je sculpte un poème.
J’ai oublié : j’aurai dû ne pas te parler de mes petites ambitions.J’aurai dû faire comme Théophile GautierQui prenait tout son petit temps à décrire
La robe des nuages sous un soleil affamé
Mais prends ça comme cela.
Nous sommes devenus si bons amis
On se conte de petits secrets
Et je vois Mardeuil rêver à m’écouterComme une belle Gauloise devant un indigène
Et je me demandais pourquoi cette attraction
Malgré les dures lois qui veulent nous séparer
Les lois politiques peuvent-elles cuire l’amourMardeuil me regardait, souriait, s’en allaitEn ballerine sur le tapis vert de la terre
Et moi, la regardant dans cette verdure naturelle
Je rêvais de me retrouver à l’Académie FrançaiseElle me soufflait des mots doux
Moi lui insufflant des doux mots
Quelle amitié ! Mon ami ! Merci ma ville !
Merci de m’accueillir chaleureusement !Merci de m’accueillir fraternellement !Voilà la mondialisation
Ce n’est pas des éternels désaccordsPour la noyade des hommes.
C’est des éternels accordsPour la survie des hommes.
Et j’ai compris, j’ai compris que JérômeMes amis ne sont pas seulement à Paris
Mes amis sont aussi à Mardeuil
Mes amis ne sont pas seulement pas Los Angeles
Mes amis sont aussi en Louisiane
Mes amis ne sont pas seulement à Rome
Mes amis sont aussi à Foundop
Mardeuil, amène tes fils à Ekondo Titi
C’est chez moiAmène-les au parc de Waza
Ils tailleront leurs dents sur mes pics
Ils piquent assez fort Mindif comme le Mindef
Ils mangeront du barakouda au Bwambé beach de Kribi
Ils nageront sur les larges de mon Dja
Et sèmeront leurs céréales sur mes pentes de l’OuestA Foumbot la terre est plus fertile que la place du Bûcher
Viens chez moi comme tu m’a accueilli chez toiJe me rends compte que tu as changé ;
Tu es devenu hospitalier
Viens chez toi
Sans honte, sans frustration, sans mépris
Viens chez moi avec tes impuretés.
J’ai juré d’être toujours dans la propreté Ô Amitié !

 

 

Site à consulter :

Site de l'association camerounaise fondée par J.I.Mekoul. : Calm2

 

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